| Critique The Queen de marcoo174 :
Sous des atours peu aguicheurs, le dernier long de Stephen Frears n'en demeure pas moins plus que recommandable. Si on ne peut guère comprendre le choix de ces circonstance précises pour réaliser ce film, près de dix ans après l'accident qui aura été fatal à la princesse de Galles, on peut néanmoins aisément saisir ce qui aura pu séduire le cinéaste dans ce fait divers désormais tristement célèbre, qu'il aura sans doute eu envie de traiter à contre-pied, en signant un film vu uniquement du point de vue de la reine Elizabeth II. En se concentrant uniquement sur les sept jours qui ont suivi le drame, sur la psychose médiatique et l'acharnement du peuple à l'égard de sa reine, Frears compose avec The Queen un cinéma fragile et touchant, jouant sans cesse les équilibristes entre humour et tragédie, et dresse un portrait édifiant de la monarchie anglaise, embastillée dans ses convictions même dans les pires moments qu'elle a pu connaître. La Reine, contrairement à ce qui aurait pu être craint au départ, n'est jamais caricaturée ou jugée, ni bêtement portée aux nues, ni froidement blâmée, mais simplement montrée dans les faits tels qu'ils ont été rapportés, et imaginée par le cinéaste dans ses moments intimes. A ce propos, les face à face entre la Reine et son mari, particulièrement savoureux, donnent une dimension très cocasse à certains passages, en désolidarisant la souveraine de son immense piédestal. Tout ces points font de The Queen une œuvre au caractère politique très effacé, qui gagne en émotion ce qu'elle perd en enseignement. Les quelques scènes oniriques qui surgissent au milieu du récit laissent quant à elle une impression étrange et indéfectible, presque surréaliste et planante, comme une apesanteur au dessus d'un monde pourtant très ancré au sol de par ses valeurs omniprésentes et son refus obstiné de paraître différemment d'une famille royale. Saluons enfin les deux performances du film, en les personnes d'Helen Mirren, épatante et récemment oscarisée pour son rôle, et Michael Sheen, saisissant en premier ministre fringuant et très people.
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